Immobilier : Que réserve l’année 2017 ?

De nombreuses incertitudes pour cette nouvelle année, les taux d’intérêt, les élections, l’évolution des prix de l’immobilier…. Comment le secteur va-t-il réagir et quels changements vont intervenir ?

QUELQUES NOUVEAUTÉS

De nombreux décrets de la loi Alur vont entrer en vigueur tout au long de cette nouvelle année, en voici quelques-uns.

Des permis de louer

Les collectivités vont pouvoir délivrer des permis de louer, et ce en application d’un décret de la loi Alur. Ces administrations vont ainsi mettre en place un régime de déclaration ou d’autorisation préalable pour les logements proposés à la location.

Régir les sous-locations illégales

Parallèlement, les municipalités comptant plus de 200.000 habitants auront la possibilité d’imposer que les propriétaires louant de manière occasionnelle, s’enregistrent sur des plateformes tel qu’Airbnb. Une mesure destinée à entraver les sous-locations illicites.

Inciter la mise sur le marché des logements vacants

Les propriétaires qui possèdent des biens immobiliers non occupés, sont encouragés à les mettre disponibles à la location par un dispositif fiscal qui entrera en vigueur le 31 janvier. Une mesure qui leur fera bénéficier d’une exonération d’impôt variant de 15% à 85% sur les revenus de ces locations, si le loyer est plus bas que ceux pratiqués sur le marché.

Le recours à un architecte

C’est au 1er Mars que tous ceux qui envisagent de construire un bien immobilier, devront avoir recours à un architecte dès l’instant où la surface de ce logement est égale ou supérieure à 150 mètres carrés. Une surface qui était jusqu’alors de 170 mètres carrés. Ce sont également deux diagnostics techniques qui feront leur apparition en juillet prochain qui concernent l’installation intérieure du gaz et de l’électricité.

Une prolongation des avantages

Le prêt à taux zéro, le Pinel ainsi que le crédit d’Impôt de transition énergétique sont prolongés jusqu’au 31 décembre 2017.

UNE HAUSSE DES PRIX DANS L’ANCIEN

Un marché à plusieurs vitesses

Ce sont près de 840.000 transactions qui ont été conclues en 2016 dans l’immobilier ancien, une activité en hausse de 11% par rapport à l’année précédente qui a engendré une hausse des prix dans ce secteur. Une tendance qui est enregistrée dans pratiquement toutes les grandes villes de l’hexagone et devrait se poursuivre en 2017 tant pour les appartements que les maisons individuelles. Un constat qui tranche avec la chute des prix notée dans les villes de province comme Saint-Etienne ou Angers, pour ne citer qu’elles. Le marché présente donc des écarts parfois importants selon les régions.

Des records prévus dans la capitale

Selon les promesses de ventes signées auprès des notaires qui vont se concrétiser en ce début d’année, les prix devraient représenter en moyenne pour un appartement à Paris, 8.500 Euros le mètre carré ce qui correspond à une augmentation de 6% sur une année. Et si on recule à 10 ans en arrière, les prix ont pratiquement doublés sur la capitale avec des différences selon les arrondissements. Ainsi c’est le 7ème qui affiche les prix les plus élevés avec 11.400 Euros le mètre carré tandis que le plus accessible est le 19ème pour 6.900 Euros le mètre carré.

UNE REPRISE DANS TOUS LES SECTEURS

Des recours qui ne freinent pas le marché

L’année 2016 a vu 444.100 permis de construire être déposés, soit une progression de 13,8% et 376.700 débuts de chantier ce qui représente 11% de hausse. Un marché qui se porte donc bien, et ce malgré un manque prononcé de logements neufs essentiellement sur les zones dites tendues avec beaucoup de recours aux permis de construire. Ce seraient, selon la fédération des promoteurs immobiliers, 28.000 logements toujours en attente sur le territoire.

Les prix du neuf en hausse accélérée

Les ventes dans l’immobilier neuf sont en hausse de 25% en ce qui concerne les particuliers, une progression qui s’explique en partie par le succès du prêt à taux zéro. Quant aux transactions conclues avec les investisseurs elles atteignent + 27%. Mais cette évolution engendre une envolée des prix et il faut compter pour un bien neuf, selon les régions, 3.600 euros le mètre carré, soit une hausse de 3,4% sur une année. En Ile de France c’est environ 5% d’augmentation par an avec le franchissement de la barre des 5.000 euros le mètre carré dans certains quartiers. Les promoteurs immobiliers confient que la tendance ne va pas fléchir et constatent que le prix du foncier et le coût de la construction représentent un poids important.

UNE REMONTÉE PROGRESSIVE DES TAUX D’INTÉRÊT

Les foyers les plus modestes pénalisés

Les dispositions qui ont permis des emprunts à des conditions très favorables, ont boosté le marché sur l’année 2016, une nouvelle orientation se profile. La progression des taux d’emprunt d’État à 10 ans qui sont la référence pour les prêts à taux fixe des particuliers, fait ressortir de légères hausses. Une montée des taux qui pénalise les ménages aux revenus les plus modiques.

Une hausse d’environ 0,5 points

Les prévisions annoncent donc une augmentation d’environ 0,5 points des taux d’intérêt ce qui entraînerait une chute de l’ordre de 8% du nombre d’emprunteurs potentiels. Des taux qui resteront cependant, sans aucun doute, avantageux.

Des prêts immobiliers moins intéressants

Les établissements bancaires encouragés à limiter les risques et détenir plus de fonds propres, vont certainement durcir les conditions d’attribution d’emprunts immobiliers. Parallèlement, il semble que le Comité de Bâle envisage d’exiger un encadrement plus strict des modalités d’octroi de crédits, en tenant compte dans l’examen des dossiers, en sus de la capacité de remboursement, de la valeur du bien envisagé.

LES ÉLECTIONS À VENIR VONT JOUER UN RÔLE

Un impact sur le marché

Les élections présidentielles de mai prochain, vont avoir un impact sur la politique du logement qui sera menée. Selon le candidat élu, de nombreux points peuvent être influencés et l’incertitude de cet enjeu électoral fait planer des inquiétudes.

De nombreux points sont impactés

Les rapports locatifs, la fiscalité sur l’exonération de l’impôt sur les plus-values, les aides à la pierre ou encore les droits de mutation et les mesures en faveur de l’investissement, parmi bien d’autres questions, sont concernés. Et ce sont autant de points essentiels qui ont des conséquences sur le marché de l’emploi ou la politique de la ville, sans oublier la mobilité. Ainsi les propositions des différents candidats, vont être suivies avec beaucoup d’attention et le marché de l’immobilier reste dans cette incertitude.

Article rédigé par l'équipe Styl'Immo